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Jardin

Composter même en appartement : c'est possible

22 juillet 2026


Composter même en appartement : c'est possible

Composter en appartement, c’est tout à fait possible en 2026, même dans un deux-pièces sans balcon. Il suffit de choisir la bonne méthode et de respecter quelques règles simples pour transformer vos épluchures en terreau, sans mauvaise odeur ni invasion de moucherons.

Les méthodes adaptées à l’appartement

Trois solutions principales existent pour qui veut composter sans jardin. La première, et la plus répandue, est le lombricomposteur. Il s’agit d’un bac à plusieurs étages dans lequel des vers de compost (des Eisenia, pas des lombrics de jardin) digèrent vos déchets organiques. Le résultat : un compost riche, sans odeur, qui tient sous l’évier. Comptez entre 40 et 90 € pour un modèle d’entrée de gamme, ou une trentaine d’euros si vous le fabriquez vous-même avec des bacs empilables.

La deuxième option est le bokashi, une méthode venue du Japon qui repose sur la fermentation. On place les déchets dans un seau hermétique, on saupoudre d’un activateur (du son de blé enrichi en micro-organismes), et on laisse fermenter. Le processus ne produit pas de compost directement mais un « pré-compost » qu’il faut ensuite enfouir en pleine terre ou dans une jardinière. Le seau coûte entre 50 et 80 €.

Enfin, si vous avez un balcon, même petit, un composteur d’appartement classique en plastique recyclé peut fonctionner. Comptez 30 à 60 € pour un modèle compact de 20 à 40 litres. Certaines résidences mettent aussi en place des composteurs collectifs dans les parties communes ou en pied d’immeuble.

MéthodePrix indicatifEncombrementOdeur
Lombricomposteur40-90 €Faible (sous évier)Aucune si bien géré
Bokashi50-80 €Très faibleNeutre (fermentation)
Composteur balcon30-60 €Moyen (balcon requis)Faible

Ce qu’on peut composter (ou pas)

Tout ne va pas au compost d’appartement. Voici ce que vous pouvez y mettre sans hésiter : épluchures de fruits et légumes, marc de café avec le filtre en papier, sachets de thé, coquilles d’œufs écrasées, pain sec en petits morceaux, et petits déchets de plantes d’intérieur fanées. Les vers adorent le carton brun et le papier journal déchiqueté, qui apportent la matière carbonée indispensable à l’équilibre.

En revanche, évitez absolument : la viande, le poisson, les produits laitiers, les os, les agrumes en grande quantité (trop acides pour les vers), l’ail et l’oignon crus, les plantes malades, et les déjections d’animaux domestiques. Un lombricomposteur n’est pas une poubelle : il digère environ 500 g de déchets par semaine pour un foyer de deux personnes. Au-delà, il faut compléter avec une seconde méthode ou réduire sa production de biodéchets.

Éviter les odeurs et les erreurs

Un compost d’appartement qui sent mauvais, c’est le signe d’un déséquilibre. La règle d’or est le rapport entre matières azotées (les épluchures, dites « vertes ») et carbonées (le carton, le papier, dites « brunes »). Visez environ deux volumes de matière brune pour un volume de matière verte. Si vous constatez une odeur désagréable, ajoutez immédiatement du carton déchiqueté et espacez les apports pendant quelques jours.

Autre erreur fréquente : laisser les déchets en surface. Dans un lombricomposteur, recouvrez toujours les apports frais d’une couche de matière carbonée ou d’un tapis de fibre. Cela bloque les odeurs et dissuade les moucherons. Si des petites mouches apparaissent malgré tout, placez un bol de vinaigre de cidre avec une goutte de liquide vaisselle à proximité : elles s’y noieront. Enfin, ne laissez pas le bac en plein soleil : une température ambiante entre 15 et 25 °C est idéale pour les vers.

Utiliser son compost

Au bout de trois à six mois, selon la température et la taille de votre foyer, le bac inférieur de votre lombricomposteur contient un compost mûr, d’aspect foncé et grumeleux, à l’odeur de sous-bois. Vous pouvez l’utiliser pour vos plantes d’intérieur en le mélangeant au terreau (un tiers de compost pour deux tiers de terreau). Il sert aussi à enrichir les jardinières du balcon ou à revitaliser une plante fatiguée.

L’eau qui s’écoule dans le bac de récupération, parfois appelée « thé de compost », est un engrais liquide très concentré. Diluez-la impérativement : une dose pour dix doses d’eau avant d’arroser vos plantes. Utilisée pure, elle brûlerait les racines. Enfin, si vous produisez plus de compost que vos plantes n’en consomment, proposez-le autour de vous : un voisin jardinier, une association de quartier ou un jardin partagé seront ravis de le récupérer.

FAQ

Combien de temps faut-il pour obtenir du compost ?

Comptez trois à six mois pour un premier bac de lombricompost prêt à l’emploi. La vitesse dépend de la température ambiante, de la quantité de déchets apportés et de l’équilibre du bac. Un foyer de deux personnes produit en général un bac plein tous les quatre mois.

Un lombricomposteur attire-t-il les cafards ?

Non, si vous respectez les règles de base : ne mettez ni viande ni produits gras, recouvrez les apports frais, et maintenez un taux d’humidité équilibré. Le compost bien géré n’attire pas plus de nuisibles qu’un pot de terreau.

Peut-on composter en appartement sans vers ?

Oui, avec la méthode bokashi. La fermentation en seau hermétique ne fait intervenir aucun ver. L’inconvénient est qu’il faut ensuite pouvoir enfouir le pré-compost quelque part : en pleine terre, dans une grande jardinière ou le donner à quelqu’un qui a un jardin.

Que faire de son compost quand on n’a pas de plantes ?

Proposez-le à un voisin qui jardine, déposez-le dans un jardin partagé de votre quartier, ou contactez une association locale de compostage. Certaines villes organisent aussi des collectes ponctuelles de compost citoyen. Renseignez-vous auprès de votre mairie.

Vous savez maintenant qu’avec un lombricomposteur sous l’évier ou un bokashi dans un placard, vos épluchures ne finissent plus à la poubelle. Un petit geste quotidien qui allège vos ordures ménagères d’un bon tiers et offre une seconde vie à vos déchets. Pour aller plus loin, découvrez comment cultiver quelques aromates ou légumes en hauteur, même sans jardin.

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